Née en 1952.
Vit et travaille à Pau (64).
Études supérieures de droit et d'économie. Occupe pendant 35 ans les fonctions de directeur général des services de plusieurs collectivités locales. Vie professionnelle intense et bien remplie.
Au-delà de la sphère publique, ses passions, depuis toujours, sont ailleurs : musique, photographie, architecture et surtout la sculpture.
Un jour, elle loue un petit atelier et travaille discrètement en autodidacte sans jamais penser exposer.
Mais une rencontre artistique va en décider autrement.
Une première proposition d'exposition sera le début d'une autre vie.
Je travaille le fer depuis de nombreuses années, plus précisément la ferraille issue des déchetteries, lieux repoussants et magiques à la fois. Des lambeaux d'objets jadis utiles sont plongés là dans le même abîme, portant les mêmes blessures singulières, absolues, totales. Ce paysage d'en-fer est captivant car la vie est toujours là, gémissante, frémissante. Peut-on en extraire un peu d'humanité ?
Mon regard s'attarde, scrute, "écoute", choisit des morceaux de métal pour leur matière riche, leur forme complexe. Bien sûr il faudra couper, plier, tordre, froisser en fonction de l'inspiration. Pas de plan établi ici, laisser seulement la matière s'exprimer.
Alliant force et légèreté, la ferraille me donne une grande liberté d'expression en permettant toutes les formes, inclinaisons, torsions et déchirures. Jusqu'à l'équilibre entre l'idée et le hasard des trouvailles à portée de main...
Noblesse et fierté retrouvée, chaque sculpture est une mémoire, une aventure-métal presque humain. Chaque sculpture a sa propre vie, sa propre présence. Molécules et atomes, elles vivent. "Debout, dans une fierté métallique, témoins immobiles et silencieux de l'aventure humaine, indifférentes et seules, elles se reconnaissent sans se faire signe."
Chaque sculpture est un coup de force, une démarche intime qui en fin de compte ne nécessite aucune explication.
Après la pratique du recyclage et l'utilisation de la ferraille pour son intérêt purement formel, le besoin est venu de changer de technique, de matière, d'orientation. De travailler avec un matériau neuf et lisse.
Ma matière première sera donc la plaque d'aluminium. Mon atelier, l'usine en résidence. Les formes recherchées sont élémentaires, allusives, pour suggérer l'idée du corps entier. Elles sont marquées par d'évidentes références à la morphologie humaine.
L'esquisse élaborée, après découpe dans la plaque, est mise en forme et soudée. (Soudures au tig)
Les sculptures terminées sont ensuite peintes en carosserie. La couleur s'est imposée dans mon travail. Elle possède sa propre profondeur qui n'est pas celle de la forme. Elle participe aussi à la construction de l'espace. La couleur et la surface de la matière choisie ont peut-être une signification symbolique, elles sont en tout cas l'expression de ma joie de vivre après avoir surmonté quelques épreuves.
L'art permet, dans une recherche continue de création, d'inventer un autre monde où l'on ne meurt pas, d'avancer dans une vie plus intense où le tragique de la condition humaine côtoie le bonheur absolu de respirer.
De nouvelles propositions me projettent vers d'autres créations. L'activité créatrice nécessite de se sentir libre dans toutes les expressions, toutes les expériences, toutes les matières. L'art ne doit pas avoir de limites.
Ce qui finalement m'importe toujours c'est :
la recherche permanente d'une densité plastique et que l'indépendance de l'oeuvre l'emporte sur la représentation.
L'essence de l'oeuvre, c'est la présence.